Voi technology séduit les investisseurs avec 30 millions levés pour ses scooters électriques

Eh bien, ça n’a pas pris longtemps. Trois mois seulement après avoir levé 50 millions de dollars en financement de série A, Voi Technology, startup de location de scooters électroniques, a ajouté 30 millions de dollars supplémentaires à son bilan. Les investisseurs existants Vostok New Ventures, Balderton Capital, LocalGlobe et Raine Ventures participent à nouveau au nouveau tour, aux côtés des nouveaux investisseurs Project A et Creandum.

Voir Project A parmi les nouveaux venus ne surprendra personne qui suit de près l’écosystème TechCrunch. Mes propres sources m’avaient soufflé que ce fonds berlinois, habitué des premiers tours, était dans la course dès la fin octobre. Pourtant, lors de l’annonce de la série A de VOI, il brillait par son absence. Avec cette nouvelle levée, le puzzle se complète enfin.

Ce tour de table ne s’est pas limité aux fonds institutionnels. Plusieurs investisseurs providentiels se sont glissés dans la danse, parmi lesquels Cristina Stenbeck (Kinnevik), Justin Mateen (cofondateur de Tinder), Keith Richman (membre du conseil chez Grubhub), Jeff Wilke (Amazon), Sujay Jaswa (fondateur de WndrCo), Sujay Tyle (PDG de Frontier Car Group), Diego Piacentini (ancien directeur des affaires internationales d’Amazon), Christian Leone (fondateur de Luxor Capital) et Spencer Rascoff (ancien dirigeant de Zillow).

La direction de Voi précise clairement la destination de ces fonds : accélérer l’expansion européenne et miser davantage sur la recherche et le développement. L’entreprise affiche désormais son ambition de dominer le marché de la location de scooters électriques sur le Vieux Continent, marquant la différence avec les géants américains Lime et Bird. En sept mois, Voi revendique déjà plus de 400 000 utilisateurs et un total de 750 000 trajets réalisés.

La compétition ne manque pas de répondant. Pour illustrer la diversité des acteurs en lice sur le marché européen, citons quelques exemples concrets :

  • Flash, la start-up créée dans l’ombre par l’équipe de Delivery Hero et Lukasz Gadowski (Team Europe), a récemment levé 55 millions d’euros en série A
  • Wind Mobility, basée à Berlin, a sécurisé 22 millions de dollars
  • Tier, autre acteur majeur, a engrangé 25 millions d’euros

Taxify s’invite aussi sur ce créneau de la location de scooters électriques. Quant à Bird et Lime, nées dans la Silicon Valley, elles ne se contentent pas de s’installer en Europe : elles bénéficient du soutien financier de poids lourds du capital-risque européen. Index et Accel misent sur Bird ; Atomico accompagne le développement de Lime.

Pour expliquer son avance, Voi insiste sur sa méthode : travailler main dans la main avec les autorités municipales. À Stockholm, par exemple, la société a participé à l’élaboration d’un code de conduite pour garantir que les différents opérateurs collaborent de façon plus sûre et efficace. Ce dialogue n’a pourtant pas évité quelques accrocs. À Madrid, comme Lime et Wind, Voi a vu sa licence suspendue le temps que la législation évolue. Mais la société a rapidement repris la route dans la capitale espagnole dès février.

À ce jour, les marchés nordiques constituent le socle le plus solide de Voi. Stockholm, Göteborg, Malmö, Lund, Uppsala et Copenhague affichent une dynamique telle que la plupart de ces villes pourraient devenir rentables dès le premier trimestre. Le service de location s’est déjà implanté à Paris, Lyon, Madrid, Malaga, Saragosse, Murcie, Lisbonne et Faro. Aujourd’hui, Oslo rejoint la liste, tandis que Helsinki et d’autres villes européennes attendent leur tour d’ici la fin du mois. L’Italie, l’Allemagne, la Norvège et la France figurent parmi les prochaines étapes de l’expansion rapide de la start-up.

Voi trace sa route à vive allure, multipliant les points de chute et les appuis financiers. Une offensive qui transforme le visage des mobilités urbaines en Europe, et laisse deviner un duel toujours plus serré entre géants et challengers sur l’asphalte des grandes villes.