La marque de performance électrique autonome de Volvo, Polestar, a présenté mercredi son premier véhicule entièrement électrique – un véhicule à cinq portes à propulsion rapide qui se dirige vers le Tesla Model 3.
Dès qu’un nouveau modèle électrique s’annonce, l’expression « tueur de Tesla » refait surface, lancée sur tous les tons, peu importe si la réalité commerciale la suit ou non. Concept-car clinquant ou modèle prêt à rouler, la rengaine s’invite systématiquement dans la discussion.
Avec la Polestar 2, impossible de dire si Tesla a de quoi s’inquiéter pour l’instant. Un constat s’impose : la jeune pousse du groupe Volvo adresse ceux qui attendaient une alternative sérieuse. À la vue de la Polestar 2, il ne fait guère de doute qu’elle vise directement la Model 3, partout où l’électrique accélère : États-Unis, Europe ou Chine.
Les spécifications
Sur le papier, la Polestar 2 affiche un duo de moteurs électriques et une batterie de 78 kWh ; elle revendique une autonomie estimée à 275 miles selon la norme EPA.
Sa transmission intégrale fournit 300 kW (408 chevaux) et un couple de 487 lb-pi. Avec ces données, la Polestar 2 dépasse la version propulsion de la Model 3, s’approche de la déclinaison deux moteurs de Tesla (450 chevaux et 471 lb-pi), et rattrape son retard sur le terrain des performances pures.
À ceux qui recherchent le frisson, la réponse est claire : le 0 à 100 km/h tombe sous les 5 secondes, un score qui dépasse la Model 3 « Mid Range » mais laisse encore la Performance loin devant.
Android à l’intérieur
Volvo avait annoncé sa transition technologique en 2017 : l’Android embarqué s’invite désormais dans ses voitures. L’année suivante, l’équipement s’enrichit avec Google Assistant, le Play Store, Google Maps et plus encore dans le nouveau Sensus.
Polestar ne tarde pas à suivre : la 2 héberge un système d’infodivertissement sous Android OS, avec toutes les applications Google souhaitées, natives dans le tableau de bord. Bien plus qu’une interface basique, il s’agit d’un système qui s’appuie vraiment sur Android open source, à la manière des smartphones ou des tablettes, mais adapté à l’automobile.
Autre nouveauté concrète, la fonction « Phone-As-Key ». Un smartphone suffit désormais pour verrouiller, déverrouiller ou partager la voiture. Imaginez prêter l’accès temporairement à un proche, ou réceptionner un colis directement dans le coffre, sans avoir besoin d’une clé physique.
La reconnaissance à l’approche du conducteur ajoute une touche de confort supplémentaire, pour un accueil instantané et sans manipulation superflue.
Plans de marché
Les tarifs annoncés démarrent à 39 900 euros (environ 45 389 dollars), mais durant la première année, seule l’édition de lancement, bien plus onéreuse, sera proposée à 59 900 dollars, avec un pic proche de 68 000 dollars avant déductions gouvernementales.
La fabrication doit commencer début 2020 à Chengdu (Chine). Les premières Polestar 2 seront livrées en Chine, aux États-Unis, au Canada, ainsi qu’en Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Norvège, Suède et Royaume-Uni.
Polestar fait fi du modèle de distribution via concessionnaires. Toutes les ventes s’opéreront en ligne, et un système d’abonnement flexible suivra, dont le détail reste à venir.
En parallèle, la marque prépare l’ouverture de « Polestar Spaces », véritables showrooms indépendants, là où l’expérience client prend une forme nouvelle. Ces espaces, séparés des concessions Volvo, offriront découverte et essais routiers.
Au départ, Polestar s’est construit une réputation dans la haute performance signée Volvo. Depuis 2017, la marque se concentre sur la mobilité électrique, avec une volonté claire : proposer des modèles enthousiasmants mais accessibles au quotidien. Si Tesla a pavé la voie, Polestar entend bien tracer la sienne. La marque évolue sous la bannière Volvo Car Group, conjointement détenue avec Zhejiang Geely Holding (propriétaire de Volvo depuis 2010).
Le premier véhicule, Polestar 1, apparaissait déjà à l’automne. Il n’était pas tout électrique : il s’agissait d’un hybride rechargeable, fort de deux moteurs électriques, trois batteries totalisant 34 kWh et d’un quatre cylindres turbo-compressé à l’avant.
Au moment de lever le voile sur la Polestar 2, la marque confirme aussi la venue du futur Polestar 3, SUV 100 % électrique hautes performances, fiche technique tenue encore secrète à ce jour.
La donne change dans l’univers de la berline électrique. Polestar 2 entre dans la course, prête à recomposer le paysage. Tesla conserve son avance, mais la poursuite s’intensifie. Ce qui semblait figé hier s’efface, laissant place à une rivalité ouverte et imprévisible.



