La FTC a annoncé ce matin qu’elle avait approuvé l’ordonnance de consentement final avec le refinancier de prêts étudiants en ligne SoFi, qui règle les allégations concernant les pratiques publicitaires trompeuses de SoFi. En octobre dernier, la FTC a déposé une plainte dans laquelle elle affirmait que SoFi avait fait de fausses déclarations sur le montant d’argent que les emprunteurs de prêts étudiants pouvaient économiser dans ses publicités en ligne, à la télévision et par courrier direct depuis avril 2016.
La Federal Trade Commission a rendu un verdict sans appel : SoFi aurait gonflé les économies que les étudiants pouvaient espérer en refinançant leurs prêts. Selon l’enquête, l’entreprise n’a pas hésité à afficher des montants parfois deux fois supérieurs à la réalité, en écartant des profils d’emprunteurs qui, eux, payaient bien plus cher au final. Pour ces catégories oubliées des beaux discours publicitaires, la note grimpait de plusieurs milliers de dollars sur la durée totale du prêt, et la mensualité s’alourdissait de plusieurs centaines en moyenne.
Le dossier regorge d’exemples. Une publicité en ligne affirmait, noir sur blanc : « Le refinancement des prêts étudiants permet d’économiser 22 359 $ en moyenne ». Une autre promettait : « Commencez à économiser sur vos prêts étudiants. Économies mensuelles moyennes de 292 $. » Ces chiffres, martelés sur tous les supports, masquaient une réalité bien plus nuancée.
Qui étaient ces profils exclus du calcul ? Il s’agissait de tous ceux dont les nouveaux prêts s’étalaient sur une période plus longue que les prêts étudiants qu’ils avaient au départ. Résultat : une mensualité certes plus basse, mais un coût total qui s’envole à la fin. Les rares avertissements figurant dans les petits caractères passaient largement inaperçus, noyés dans le fouillis juridique des campagnes marketing.
La FTC n’a pas manqué de pointer un autre point : SoFi aurait également tu des informations essentielles lorsque certains clients s’exposaient à payer davantage avec les options de refinancement proposées. Une pratique qui, selon l’agence, contrevenait à la loi fédérale sur la protection des consommateurs.
Après avoir recueilli l’avis du public, la Commission a validé à l’unanimité le texte final de l’accord, par cinq voix contre zéro. Voici ce que prévoit ce texte, d’après le rapport de la FTC :
- SoFi n’a plus le droit d’affirmer des économies futures sans disposer de données fiables et vérifiables.
- L’entreprise doit s’abstenir de toute communication exagérée ou trompeuse concernant les avantages financiers de ses offres pour les emprunteurs.
De son côté, SoFi avait contesté les accusations de la FTC au moment de leur publication, affirmant fournir à ses membres, actuels et futurs, des informations transparentes et complètes. Pourtant, la firme a accepté de se plier à la nouvelle réglementation.
Fait notable : l’accord n’impose pas de versement d’indemnités ou d’amende à SoFi. Les pouvoirs de la FTC restent limités sur ce point précis. Mais la moindre infraction à cette ordonnance pourrait exposer la société à des poursuites, menées par le Bureau de la protection financière des consommateurs ou les procureurs généraux des États, avec à la clé des sanctions prévues par la législation fédérale.
Cette ordonnance restera en vigueur jusqu’au 22 février 2039, ou vingt ans après la dernière action en justice potentielle de la Commission, selon ce qui surviendra le plus tard.
Ce dénouement intervient alors que la dette étudiante explose : elle a triplé en dix ans, pour dépasser aujourd’hui celles de l’automobile et des cartes de crédit, ainsi que l’a rappelé CNBC à l’automne dernier. Au moment de quitter l’université, un diplômé américain doit désormais faire face à un fardeau moyen de 30 000 $, contre 20 000 $ il y a trente ans. Un chiffre qui en dit long sur le terrain miné du financement des études supérieures aux États-Unis.

