Starling Bank, la banque britannique fondée par Anne Boden, vétéran du secteur bancaire, va ouvrir un deuxième bureau au Royaume-Uni cet été, où elle prévoit recruter jusqu’à 50 ingénieurs logiciels et jusqu’à 100 membres de l’équipe du service clientèle. L’emplacement prévu est Southampton, sur la côte sud de l’Angleterre, et sera le premier bureau de Starling à l’extérieur de Londres.
Anne Boden ne passe pas par quatre chemins : la grande majorité des postes ouverts à Southampton iront à des nouvelles recrues. Leur mission sera claire : renforcer l’offre de services bancaires pour les entreprises. En un an seulement, plus de 30 000 PME ont déjà adopté le compte professionnel Starling, là où la fintech compte par ailleurs près d’un demi-million de clients particuliers au Royaume-Uni. La cadence est soutenue, et rien ne semble freiner cette expansion.
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Pour donner du souffle à cette montée en puissance, Starling mobilise des moyens considérables, notamment grâce à une subvention de 100 millions de livres sterling obtenue via le Capability and Innovation Fund (CIF). Ce fonds, financé par la Royal Bank of Scotland sous la pression de la Commission européenne, après le sauvetage bancaire massif pendant la crise financière, donne à Starling un levier sans précédent pour accélérer ses projets et défier le monopole des institutions historiques.
Pourquoi avoir choisi Southampton pour implanter ce nouveau site ? Selon Anne Boden, la réponse est évidente : la ville bénéficie d’un esprit entrepreneurial affirmé et d’un vivier de compétences dans l’informatique et la technologie que peu de régions peuvent revendiquer. Southampton poursuit sa progression sur la scène tech britannique, avec un marché du travail dynamique et une excellente accessibilité vers Londres. Un choix stratégique loin d’être anodin.
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Cet ancrage en dehors de Londres traduit une volonté assumée : briser la concentration des emplois technologiques dans la capitale et offrir de vraies perspectives à d’autres régions. L’équilibre reste fragile, mais l’ambition de Starling est limpide : irriguer le pays en emplois qualifiés et rééquilibrer le développement de la fintech sur le territoire.
Un rapport publié récemment par CBRE place Southampton parmi les nouveaux pôles technologiques les plus dynamiques de Grande-Bretagne, en se basant sur la densité et la croissance de l’emploi numérique local.
La ville peut aussi s’appuyer sur un tissu scientifique dense. L’Université de Southampton a compté dans ses rangs Tim Berners-Lee à la tête de la chaire d’informatique. Aujourd’hui, le Web Science Institute et Dame Wendy Hall participent à l’effervescence intellectuelle du site. Le parc scientifique de la ville, qui s’étend sur des dizaines d’hectares, héberge bureaux, laboratoires, espaces de réunion et salles de conférence. Tout un terrain de jeu pour l’innovation collaborative.
Cette ouverture d’un nouveau bureau arrive à peine quelques semaines après une levée de fonds hexagonale de 75 millions de livres sterling, renforcée par un ajout de 15 millions de livres par un actionnaire majoritaire, Harald McPike. La caisse de Starling affiche désormais 133 millions de livres collectés, additionnés aux fonds CIF récemment attribués, de quoi alimenter une stratégie de croissance offensive.
La banque ne compte pas s’arrêter là. Un deuxième centre de contact régional est à l’étude, afin d’épauler la croissance rapide de la clientèle PME et des particuliers. Parmi les options envisagées, le Pays de Galles, région d’origine d’Anne Boden, se démarque, sans éclipser pour autant le Nord de l’Angleterre et les Midlands, eux aussi dans le viseur.
Derrière chaque nouveau site Starling, il y a une ambition affichée : réinventer le secteur bancaire au plus près des réalités locales, miser sur les talents britanniques, et s’inscrire dans le paysage en dépassant la frontière du périphérique londonien. Le défi est lancé. Reste à voir si cette dynamique régionale sera le moteur d’une nouvelle génération de services bancaires, plus ouverts, plus accessibles, et résolument plus décentralisés.

