Le moteur de recherche visuel Pinterest s’est joint à une longue liste d’entreprises technologiques de haut niveau qui prévoient s’inscrire en bourse en 2019. L’entreprise a soumis confidentiellement des documents à la Securities and Exchange Commission en vue d’un premier appel public à l’épargne prévu pour plus tard cette année, selon un rapport du Wall Street Journal.
Face aux sollicitations, Pinterest se retranche dans le mutisme. Aucun commentaire, aucune déclaration, rien ne filtre. Cette discrétion aiguisée fait contraste avec le bruit ambiant qui entoure généralement les géants de la Silicon Valley à l’approche d’un tournant.
Ben Silbermann a jeté les bases de Pinterest en 2008, en pleine explosion des réseaux sociaux. Officiellement, la volonté d’ouvrir le capital de l’entreprise remonte à avril. Mais l’acte concret a été posé en janvier : le géant californien a lancé la première phase formelle de son projet d’introduction, confiant la coordination de l’opération à Goldman Sachs et JPMorgan Chase, poids lourds de la finance US.
Retour en 2017 : à l’époque, la plateforme s’offre une valorisation éclatante de 12,3 milliards de dollars, à l’issue d’un tour de table qui injecte 150 millions de dollars supplémentaires dans la machine.
Quelques chiffres donnent le vertige. Pinterest revendique aujourd’hui 250 millions d’utilisateurs actifs chaque mois. La start-up a déjà levé près de 1,5 milliard de dollars auprès de fonds tels que Bessemer Venture Partners, Andreessen Horowitz, FirstMark Capital, Fidelity, ou encore SV Angel. D’après plusieurs sources, les revenus publicitaires ont culminé à environ 700 millions de dollars en 2018. Cela marque une hausse spectaculaire : plus 50 % par rapport à l’an passé, alors même que le secteur se tend.
Sa force de frappe ? Une équipe de 1 600 salariés, déployée dans treize villes aux quatre coins du globe : Chicago, Londres, Paris, São Paulo, Berlin, Tokyo… Impossible de les répertorier tous tant l’expansion s’accélère. Autre signe : environ un utilisateur inscrit sur deux réside désormais hors des États-Unis, preuve de l’empreinte croissante de Pinterest à l’international.
La manœuvre rappelle celle d’autres ténors du numérique comme Lyft, Uber, ou encore Slack. Eux aussi ont choisi la discrétion en déposant leur dossier en toute confidentialité, Slack ayant même opté pour une cotation directe dont la publication est attendue sous peu. Ce recours de plus en plus fréquent à la procédure discrète grisaille l’attente, tout en attisant la spéculation.
À présent, Pinterest affûte ses armes pour la grande aventure boursière de l’année. Goldman Sachs et JPMorgan mènent le bal, orchestrant dans l’ombre une opération surveillée de près par les acteurs du secteur.
Dossier secret, frénésie calculée, passage obligé : à voir, désormais, si Pinterest saura transformer l’essai. Quoi qu’il advienne, ce jeu de dévoilements rapides et de surprises n’a pas fini d’alimenter les conversations de la tech.

