Votre startup a besoin de clients pour survivre. Si et quand vous faites des ventes ou générez des installations, vous vous lancez dans le flux rapide du commerce et vous vous exposez à des risques. Des contrats clients bien rédigés limitent votre responsabilité et créent des droits juridiquement contraignants d’être payé pour votre travail. En fait, les contrats sont en fait des mécanismes de prévention des différends, forçant les parties de part et d’autre à définir clairement ce qui est censé se passer à l’avance, alignant les attentes et augmentant la probabilité que tout se déroule selon le plan.
Prendre le temps de maîtriser les bases des contrats, d’analyser en profondeur ceux qui encadrent vos premiers clients et solliciter rapidement un avocat confirmé pour produire vos documents fondamentaux, c’est préparer le terrain d’une stabilité commerciale durable. S’investir sur ce plan, c’est miser sur la longévité de l’entreprise, bien après le temps des débuts effervescents.
Ce volet s’inscrit dans la série « Startup Law A to Z » proposée par Extra Crunch, faisant suite aux dossiers consacrés à la propriété intellectuelle (PI) et aux problématiques d’entreprise. L’objectif : permettre aux fondateurs d’y voir clair sur les questions juridiques les plus rencontrées en startup. Ces analyses ne font pas dans la superficialité ; chaque point mérite une réelle attention et c’est le prix à payer lorsqu’on veut piloter une société sans avancer à l’aveugle.
Au fil de vos lectures, si certains éléments ou angles juridiques soulèvent des doutes pour votre projet, sachez que d’autres ressources Extra Crunch sont à disposition pour aller plus loin. Un annuaire d’avocats spécialisés et aguerris existe : il vous suffit parfois d’un avis supplémentaire, parfaitement ajusté à votre secteur, pour éviter des erreurs coûteuses.
La liste de contrôle des contrats clients :
Pour structurer et sécuriser la relation avec vos clients, il est stratégique de contrôler les points suivants dans vos accords :
- La formation même du contrat
- La durée prévue et les modalités de résiliation
- La gestion des incidents de sécurité concernant les données personnelles et les recours prévus
Les différences entre conditions d’utilisation et contrats de licence utilisateur final attirent également l’attention :
- Ce qui les distingue et les clauses vraiment structurantes
- La validité des accords par « click-wrap »
- Les procédures d’information lors des mises à jour ou modifications
La politique de confidentialité ne peut se traiter à la légère. Plusieurs aspects sont à surveiller, notamment :
- Le respect des réglementations locales, nationales et internationales :
- ACCP
- CalOPPA
- Cal. Code des bus et des professions § 22575(a)
- FTC (COPPA, HIPAA, Gramm-Leach-Bliley Act)
- RDPPIB
- La clarté des informations délivrées et leur application concrète
Côté confidentialité, les accords de non-divulgation (EDN) soulèvent plusieurs points à préciser :
- Distinction entre accords réciproques ou à sens unique
- Définition précise des informations dites « confidentielles »
- Existence de clauses résiduelles
- Présence de dispositions de non-sollicitation et de non-concurrence
Les contrats-cadres de services et accords sur les niveaux de service encadrent les missions fournies. Quelques éléments de vigilance :
- L’usage de modèles de référence, comme le « Contrat de vente » Y-Combinator ou les modèles MSA
- La séparation entre conditions d’affaires, clauses juridiques et dispositions types (boilerplate)
- L’analyse attentive de clauses juridiques majeures :
- Garantie et exclusions de responsabilité
- Indemnisation (et assurance)
- Limitation de la responsabilité
Droit des contrats en général
Qu’appelle-t-on concrètement « contrat » ? Tout étudiant en droit pourrait réciter d’un ton monocorde : une promesse, ou un groupe de promesses, protégées par la loi ou rendues obligatoires par elle.
Derrière cette apparente simplicité se cache une question plus pointue : quelle est la loi applicable ? Le plus souvent, il s’agit de la « common law », qui repose sur la jurisprudence plutôt que sur le texte. Dès qu’on touche aux ventes de biens, l’Uniform Commercial Code (UCC) introduit ses propres règles spécifiques. Même les logiciels, dans certains cas, se sont retrouvés assimilés à des « biens » juridiques au regard de ces textes.
Un contrat n’est jamais un simple détail administratif. Il constitue l’armature de la relation commerciale, la protection qui encadre les engagements de chacun. Ignorer cette réalité revient à semer l’imprévu et le litige dans votre quotidien d’entrepreneur. Prendre le temps de clarifier, de poser à plat les attentes des parties, c’est adopter la même méthode que les startups qui affichent une durée de vie remarquable, celles qui savent anticiper, plutôt que compter sur la chance.

